Différence entre diagnostic et pronostic

A partir d’un diagnostic, il est parfois possible d’avoir une idée de l’évolution de la déficience. Mais ce pronostic, basé sur des calculs statistiques, n’est jamais qu’un pari sur l’avenir.
Certains pronostics peuvent faire baisser les bras ou au contraire, sonner comme un encouragement ou un défi et stimuler la volonté de lutter.

Les pronostics donnent certes un certain type d’informations qui peuvent être utiles pour entamer des traitements ou pour s’organiser, mais c’est avant tout votre évolution réelle qui doit être prise en compte dans vos traitements et dans vos projets.
Tout comme c’est le cas pour le diagnostic, vous pouvez chercher à tout savoir, si vous pensez que cela vous aidera. Vous pouvez aussi préférer recevoir ou rechercher moins d’informations.

65 A
Marie-Hélène, atteinte d’une maladie chronique
« Mon congé de longue durée (qui dure 5 ans) a commencé en 1996.
Evoquant mon avenir financier, le médecin, qui a confirmé mon diagnostic, m’avait dit de ne pas me soucier de ce problème, puisque dans cinq ans je ne me poserais probablement plus ce type de questions ! Je ne sais pas ce qu’il voulait me dire mais connaissant la durée moyenne de survie, j’ai entendu sa réflexion comme le temps qu’il me donnait encore à vivre. (…)
Me donner un tel pronostic vital c’était m’interdire une porte ouverte vers la vie, un espace de vie possible, une lueur d’espérance. C’est écraser le malade sous une vérité qui n’est en fait que statistique. C’est une condamnation sans appel, d’autant qu’il n’y a pas de traitement de la maladie. Je ne peux même pas espérer dans l’efficacité d’un médicament, même expérimental. C’est le lot de la plupart des maladies rares(…) Ce pronostic m’a étouffée, m’a asphyxiée dès le départ. »
Le corps mal-entendu, Marie-Hélène Boucand