Rebondir et découvrir un nouveau sens à ma vie

Le personnage central de votre histoire, c’est vous. Quel est votre moteur pour reprendre possession de votre vie d’aujourd’hui?

Une fois le choc traversé, une fois que la réalité vous fait moins peur et donc moins mal, moins mal et donc moins peur, vous pouvez trouver en vous de nouvelles sources d’énergie : une meilleure connaissance de vous-mêmes ; un regard plus réaliste mais aussi plus tolérant sur votre nouvelle situation ; l’acquisition de nouvelles capacités telles que demander et accepter de l’aide, expliquer ses besoins, utiliser des ressources nouvelles ; la découverte de nouveaux plaisirs, de nouveaux centres d’intérêt, de nouvelles satisfactions.

L’expérience de la réalité va faire apparaître de nouvelles possibilités et de nouvelles priorités pour vous.

La résilience, que Boris Cyrulnik compare à l’art de naviguer dans les torrents, se révèle naturelle pour certains, mais est le fruit d’un processus plus ou moins long pour d’autres. Cette notion de résilience ne s’applique d’ailleurs pas qu’à la déficience, mais aussi à toutes les difficultés de la vie, petites ou grandes, qui peuvent transformer un long fleuve tranquille en un torrent agité.

Sans être à l’abri de moments de nostalgie, ou de révolte par rapport à l’avenir, vous pouvez concentrer vos forces sur le présent, avec vos nouvelles capacités et vos nouvelles valeurs.

33 A
Témoin anonyme
« Dans les moments où je perds pied, je sais bien que c’est parce que je perds sens ! Et c’est tout un chemin personnel, intérieur, psychologique et spirituel que je reprends, comme si c’était la première fois. J’expérimente que je m’affronte au sens de ma vie actuelle, comme une novice, même si c’est la centième fois que je me pose la question. »
Pas de référence

12
Béatrice, victime d’un accident
«  Nombreux sont ceux qui, après cet accident, m’assuraient que j’allais récupérer. Était-ce pour m’encourager ou le croyaient-ils vraiment ? Combien de fois m’a-t-on dit de ne pas désespérer et d’avoir confiance dans le progrès. J’étais jeune, j’avais la vie devant moi. Quelle vie ! Adieu toute liberté, terminées l’intimité, l’indépendance. On me rabâchait que j’allais me passionner pour les activités intellectuelles… moi qui n’étais que sportive ! Cela voulait dire en un mot : ne plus être moi-même, devenir une autre. Comment demander une chose pareille à quelqu’un ? On me disait qu’avec de la patience, je m’habituerais à ma nouvelle condition. J’étais pourtant suffisamment informée pour savoir que la guérison était impossible. (…) Aujourd’hui, je peux en témoigner, je ne suis pas transformée et je ne me suis pas fait à la vie à laquelle je suis condamnée. Par exemple, je n’ai toujours pas accepté le fauteuil électrique, engin frustrant et diabolique. Lorsque je pense à cette prothèse, indispensable au moindre de mes mouvements, et qui tombe en panne quand cela lui chante ! (…) Ai-je accepté mon handicap ? Non. Je ne pense pas pouvoir m’y résoudre un jour. Je crois même cela complètement impossible. Tous les problèmes relatifs au manque d’indépendance s’accroissent au fur et à mesure que le temps s’écoule. »
Béatrice Coroller Auteur de l’ouvrage « Condamnée à vivre », Paris, Albin Michel, 1988 –

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Elisabeth, atteinte d’une maladie chronique
« J’ai donc un nouveau champ à cultiver pour tenter de trouver l’équilibre entre une espérance irréaliste, toujours décevante, et une absence d’espoir toujours déprimante. Entre ces deux positions, il y a celle où l’on consent, non pas dans une passivité absolument négative, mais avec une passivité active face au réel. Je cherche quotidiennement comment tenir cette position en équilibre. »
Elisabeth Boucand, Le corps mal-entendu