Les nuances entre handicap, déficience, incapacité

Quand on parle d’un diagnostic de déficience (voir définition ci-dessous), on parle généralement d’ « annonce du handicap » dans le langage commun.

Cette manière de parler est fausse… et pessimiste !

Lorsqu’un diagnostic est posé, il s’agit avant tout d’un constat de déficience, en comparaison avec des normes*, c’est-à-dire avec le fonctionnement « normal » du corps et de l’esprit.

Le handicap est la conséquence de la déficience. De la gravité du handicap dépendra Les aides possibles que la société pourra offrir pour soulager la personne et sa famille dépendront de la gravité du handicap.

Le but, ici, n’est pas de nier la réalité ou de rejeter l’utilisation du terme « handicap » mais de comprendre les émotions et l’image du « futur » que véhicule la déficience dans la société. Cette manière de voir la déficience est tellement ancrée dans notre société qu’elle touche tout le monde, même la personne déficiente ou sa famille.

Employer les mots « annonce du handicap » plutôt que « annonce d’une déficience », nous montre combien nous avons tous tendance à voir avant tout ce qui sera impossible, plutôt que de regarder vers ce qui sera possible. Nous avons pourtant choisi le mot « handicap », parce qu’il est le plus répandu.

Dans le même esprit, il ne faut pas avoir une déficience pour être en situation de handicap : un enfant mal aimé de ses parents, par exemple, souffrira d’un handicap affectif.

L’Organisation Mondiale de la Santé* (OMS) a défini le « handicap » en opérant la distinction entre trois terminologies (explication en italique) :

  • La déficience : toute perte de substance ou altération d’une structure ou fonction psychologique, physiologique ou anatomique (aspect biomédical) ;
    C’est-à-dire en simplifiant : tout mauvais fonctionnement du corps ou de l’esprit par rapport à la normalité
  • L’incapacité : toute réduction (résultant d’une déficience) partielle ou totale de la capacité d’accomplir une activité d’une façon ou dans les limites considérées comme normales pour un être humain (aspect fonctionnel) ;
    En simplifiant : l’impossibilité de vivre normalement à cause d’une déficience ou d’une maladie.
  • Le désavantage : résulte d’une déficience ou d’une incapacité qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle normal en rapport avec l’âge, le sexe, les facteurs sociaux et culturels (aspect social).

En simplifiant : la conséquence dans la vie de tous les jours d’une personne ayant une déficience (ex : troubles de la vue) et/ou des incapacités (ex : lecture du journal).

107 B
Témoin anonyme
« Mais finalement ne sommes-nous pas tous handicapés par quelque chose? Intelligence, mémoire, beauté, taille ne sont pas toujours au beau fixe! Hérédité, milieu social, études…. ne correspondent pas toujours à nos souhaits intimes. L’exclusion, elle aussi frappe. Chacun connait ces autres formes de handicap que sont le chômage, l’éclatement des familles, la solitude ou la drogue. Chacun a ses blessures! ‘L’homme blessé’ doit tenter de trouver un comportement qui lui permette de s’adapter aux imperfections de sa vie. »
Pas de référence

137
J., homme atteint d’une déficience intellectuelle

Quel mot tu préfères utiliser, ‘déficience intellectuelle’ ou ‘handicap mental’ ?
« Me concernant, c’est plus ‘déficience intellectuelle’ parce que le ‘handicap mental’, pour moi c’est un mot blessant alors que ‘déficience intellectuelle’ je me sens plus à l’aise. »
Propos recueillis par Inclusion ASBL